Atelier expérimentiel : Savoir-être du psychanalyste, pleine conscience et autres considérations.


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Atelier expérientiel:

Savoir-être du psychanalyste, pleine conscience et autres considérations.

Problématique:

L’importance de la supervision dans le développement des compétences du psychothérapeute, en particulier de son savoir-être, n’est plus à démontrer (Lecomte, 20121; Lecomte 20102; Lecomte, Drouin, Savard, Guillon, 20043; Lecomte, conférence,note personnelle, 2014; Nasio, 20074; Le Quatrième Groupe, 19835).

Si, comme le pose plusieurs recherches, c’est la personnalité du thérapeute qui est l’ingrédient essentiel de l’efficacité thérapeutique (Miller, S., Duncan, B. & Hubble, M. (1997)6, Wampold et Brown, (2005)7, Wampold , B. E. (2001)8. Lecomte, Savard, Drouin et Guillon, (2004), Lambert, M.J. (2007)9, comment alors identifier puis développer les compétences sous-jacentes à cette efficacité?

Le défi posé par le développement de ces compétences relationnelles demeure entier. En effet, ce n’est pas un savoir qui se transmet ni une technique qui s’apprend qui sont ici impliqués, mais un savoir-être, soit la personnalité du psychothérapeute. De quelles façons pouvons nous espérer travailler cet aspect?

Intégration des savoirs et développement de la conscience réflexive de soi en interaction.

Lecomte (2014), qui s’appuie sur quelques méta-analyses, propose une réponse que je résumerai en deux grands thèmes. Le premier serait constitué par l’intégration des trois savoirs: du savoir (théorique et scientifique), du savoir faire et du savoir être; tandis que le second grand thème serait le développement de la conscience réflexive de soi en interaction.

Ces grands thèmes identifiés, la question pour moi se précise, comment:

  • actualiser l’intégration des savoirs ;

  • développer la conscience réflexive de soi en interaction en supervision.

La première démarche que je me propose d’effectuer est d’inscrire cette question dans mon identité professionnelle. Je suis psychanalyste et traditionnellement les psychanalystes ont travaillé les trois savoirs et la conscience réflexive de soi en interaction dans leur analyse personnelle, dans leur formation – avec des cas contrôles, ainsi que dans leur formations continues – supervisions, groupes de discussions cliniques, séminaire, etc. La tradition psychanalytique m’apparaît particulièrement riche à ce niveau. C’est donc ancré dans cette filiation que je vais poursuivre ma réflexion.

Il s’agit à présent de choisir des concepts à partir desquels nous pourrions travailler le savoir-être du psychanalyste. Je procèderai à un choix personnel, donc discutable.

D’un point de vue psychanalytique.

Trois concepts psychanalytiques m’apparaissent être au cœur de cette question de l’intégration des savoirs et du développement de la conscience réflexive de soi en interaction. Il s’agit de l’attention flottante, de la neutralité bienveillante et de l’analyse du contre-transfert. Trois concepts interdépendants qui sont l’objet d’une considération rigoureuse lors de la formation pratique, en particulier dans les cas contrôles, lieu privilégié pour l’intégration des savoirs et du développement de la conscience réflexive. Elles constituent, pour moi, l’essence même du savoir-être psychanalytique. Voyons comment.

  • L’attention flottante, concerne l’attitude du psychanalyste à être à l’écoute des inconscients, tout en demeurant observateur de ce qui se passe dans l’ici et maintenant de la relation thérapeutique et des liens et associations qui surgissent en lui. Il porte attention tout en demeurant ouvert à tous ce qui peut surgir dans son esprit.

  • Deuxièmement, la neutralité bienveillante, concept essentiel pour moi, même si elle ne figure pas dans l’œuvre de Freud et n’est pas définie explicitement dans les dictionnaires de psychanalyse, c’est davantage le concept de neutralité qui y est élaboré. Et pourtant, la neutralité bienveillante est au cœur de notre praxis, c’est elle qui guide l’éthique du psychanalyste – j’y reviendrai.

Pour l’instant, posons avec Littré que la bienveillance est une disposition favorable de la volonté. Volonté car, étymologiquement bienveillance vient de bien et veuillant, qui est une forme ancienne du participe présent du verbe vouloir. Littéralement la bienveillance c’est vouloir le bien. Avec le temps on a confondu veuillant (vouloir) avec veillant (veiller) et ce glissement nous à fait perdre le sens premier. Donc, la bienveillance c’est vouloir le bien.

Dans la neutralité bienveillante, le terme de neutralité rappelle que le psychanalyste doit demeurer neutre quant à ses opinions personnelles, sur les questions morales et surtout sur ce qui pourrait être le bien pour son analysant. Comme l’affirme Freud: «  Nous avons catégoriquement refusé de considérer comme notre bien propre le patient qui requiert notre aide et se remet entre nos mains. Nous ne cherchons ni à former pour lui son destin, ni a lui inculquer nos idéaux, ni à modeler à notre image avec l’orgueil d’un Créateur. »10 Nous sommes ainsi très loin d’une adaptation à une quelconque norme sociale ou à des critères d’un manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux11. Ce qui intéresse le psychanalyste, et c’est là que réside son éthique, c’est le désir de son analysant, et pour ce faire la neutralité bienveillante est une boussole. Le psychanalyste veut le bien de ses analysants, mais ne saurait le lui donner, il met en place le cadre psychanalytique afin que celui-ci puisse le trouver.

  • Finalement, le troisième concept est l’analyse du contre-transfert, élément essentiel du travail thérapeutique, elle tend à maintenir une saine distance thérapeutique tout en minimisant les interventions réactives et permet à l’analyste un travail sur sa conscience réflexive de soi en interaction.

Psychanalyse et pleine conscience.

À présent, je procéderai à une mise en parallèle des ces concepts avec ceux de la pleine conscience. Choix et liens tout à fait personnels et discutables, mais comme je l’ai annoncé plus haut, il s’agit ici d’une réflexion personnelle, et je ne saurais prétendre à davantage. L’un des objectifs est d’apporter quelques exercices de savoir-être qui viendraient ajouter une dimension pragmatique aux supervisions en psychothérapie. Il ne s’agit nullement de remplacer quoique ce soit par ces ajouts, voyons-les comme complémentaires à ce qui existe déjà en psychanalyse.

Au cours de ma pratique de méditation, qui s’étend sur plusieurs années, des mes lectures et écoutes de vidéos et de CD sur le sujet, j’ai observé certaines similitudes entre psychanalyse et méditation. Je propose de vous les partager.

La première considération est d’ordre générale. Et la psychanalyse et la méditation sont sertis d’un paradoxe. Dans les deux cas il faut renoncer à des attentes, ne pas se fixer d’objectifs, ne pas espérer qu’une séance soit source d’apaisement, d’illumination, ou de guérison. Le méditant et le psychanalyste débute leur séance sans attentes. Dans les deux cas il s’agit d’observer certaines règles et des bénéfices et un bien-être pourrons éventuellement surgir chez le méditant et l’analysant. Dans les deux cas, il s’agit de faire confiance au processus. Un adage zen, dit que: «  celui qui a atteint son but a manqué tout le reste 12».

Cependant, il y a quand même des différences. La méditation est une manière d’être qui vise à permettre d’expérimenter des états de pleine conscience; la psychanalyse, quant à elle, est une psychothérapie.

Ceci dit, qu’il me soit permis de préciser que je ne suis aucunement expert ou instructeur en méditation pleine conscience. Je me comparerais plutôt à un patenteux, mon but est de bricoler un espace dans lequel les psychothérapeutes pourront expérimenter diverses techniques afin de travailler leur savoir-être par l’intégration des savoirs et de l’analyse du contre-transfert. Cet espace de bricolage, je le nommerai: atelier de supervision expérientiel.

L’atelier de supervision expérientiel: contenu.

Reprenons les trois concepts décrits plus haut: l’attention flottante, la neutralité bienveillante et l’analyse du contre-transfert et osons quelques rapprochements avec la méditation en pleine conscience.

Définissons d’abord brièvement ce qu’est la pleine conscience. Mes références sont essentiellement celles dite de la méditation pleine conscience laïcisée, c’est-à-dire, celle issue de la recherche scientifique. J’ai cinq références de base: le Dr Jon Kabat-Zinn13 un pionnier dans le domaine, le psychiatre français Christophe André14, le site francophone sur la pleine conscience (Mindfulness) en psychothérapie de l’université de Louvain en Belgique15 , le psychiatre Hugues Cormier de l’Université de Montréal16 et les réflexions de Matthieu Ricard17, docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste depuis quarante ans; partisan, lui aussi, d’un enseignement d’une méditation laïque. Tous reprennent pour l’essentiel les mêmes thèmes, chacun à leur manière, ils sont complémentaires.

Jon Kabat-Zinn définit la pleine conscience de la façon suivante:« La pleine conscience signifie diriger son attention d’une certaine manière, c’est-à-dire délibérément, au moment présent, sans jugement de valeur sur l’expérience vécue.18»

Christophe André, quant à lui affirme: « La pleine conscience, ce n’est donc pas faire le vide, ni produire de la pensée. C’est s’arrêter pour prendre contact avec l’expérience, toujours en mouvement, que nous sommes en train de vivre; et pour observer alors la nature de notre rapport avec cette expérience, la nature de notre présence à cet instant. 19»

Alors, quelques éléments à souligner, l’attention est dirigée de manière délibérée, c’est à dire que la personne qui médite s’arrête et s’installe pour porter son attention sur le moment présent; elle observe, sans jugement, l’expérience vécue à l’instant même. La question du sans jugement appelle quelques commentaires. Nous nous jugeons la plupart du temps, l’on se dit  ha je n’y arrive pas ou bien, j’ai des choses plus importantes à faire, ou encore tiens ça y est je maîtrise bien la technique , la notion de sans jugement est interdépendante de l’activité d’observation. En effet, notre jugement doit faire l’objet de notre observation. Nous devons observer notre jugement tout comme nous observons en pleine conscience notre respiration, nos sensations corporelles, les sons, nos pensées ainsi que nos émotions en étant le plus conscient possible de ce que nous ressentons moment après moment. C’est le moment présent qui est le plus important.

L’attention flottante nous invite à semblable activités et attitudes. En effet, le psychanalyste, d’une manière délibéré tente d’observer sans jugement de valeur l’expérience vécue. Mais la notion même d’attention flottante soulève un paradoxe, il s’agit d’être attentif, mais le qualificatif flottant suggère plutôt quelque chose de flou, d’à la dérive. Une attention flottante! Qu’en est-il du côté de la pleine conscience?

La méditation pleine conscience est à la fois une attitude de conscience:

  • soit focalisée sur un élément en particulier (par exemple, respiration, sensations corporelles, sons, émotions, idées, etc.) et c’est alors la concentration qui est davantage travaillée; dans la tradition philosophique chinoise c’est le yang, l’attention est centrée, précise et pénétrante;

  • soit ouverte, c’est-à-dire que la conscience accueille ce qui surgit en elle, sans choix délibéré; dans la tradition chinoise c’est le yin, c’est une conscience réceptive: large et accueillante20.

Comme psychanalyste j’entends ces deux formes de méditation, la concentration et la conscience réceptive, comme étant l’attention flottante: focalisée et large, précise et étendue. Les deux formes sont importantes, se concentrer sur un objet nous permet d’en d’explorer les parties, tandis que maintenir une attention ouverte nous permet une vue d’ensemble. Dans la première on explore, dans la seconde on accueille.

Des exercices bien précis sous-tendent la pratique de ces deux formes de présences attentionnées. La pratique des exercices est un incontournable en méditation. Christophe André, pour un, compare sa pratique au jogging. Si nous ne faisons que lire sur le jogging et le pratiquons qu’en dilettante, à l’occasion, comment voulez-vous alors être en forme et développer tous les bienfaits que cet exercice pratiquée régulièrement pourrait vous apporter? Donc la méditation pleine conscience suppose une pratique régulière.

Puisque l’objectif de ma réflexion est d’apporter concrètement des exercices qui viendront soutenir le développement du savoir-être du psychothérapeute, attardons-nous un instant sur des exercices de la pleine conscience concentrée ou élargie. Qu’il me soir permis ici d’apporter une précision, la pratique de la méditation pleine conscience s’appuie sur des exercices, mais je ne saurais réduire la méditation à des exercices, ceux-ci sont plutôt des appuis sur lesquels le méditant va

L’exercice de base en méditation pleine conscience est celui dont l’objet est la respiration. Il s’agit d’adopter une position confortable, la position assise est souvent suggérée, le dos est droit sans appuis, les épaules relâchées, la tête bien dégagée, légèrement tendue vers le haut, le tout dans une attitude digne. Une fois confortablement installé, il s’agit tout simplement d’être conscient de sa respiration, d’être conscient de l’air qui pénètre par nos narines, du mouvement de notre ventre, des muscles qui bougent. Inévitablement, notre esprit nous entrainera ailleurs, nous allons penser à ce que nous avons à faire, à ce que l’on aurait dû faire, ànos espoirs et craintes quant à l’avenir ou encore à l’évaluation de l’expérience actuelle (j’aime cela, je n’aime pas, quand cela se termine-t-il?, etc). Notre esprit est habile à fabriquer des pensées, c’est ce qu’il fait de mieux. Lorsque nous nous rendons compte que nous sommes entraîner par nos pensées, sans jugement, et d’une façon bienveillante, nous notons notre pensée et retournons à notre souffle. Nous tentons de porter notre attention en se concentrant sur notre souffle, uniquement sur lui21.

L’autre exercice que je propose est celui sur la méditation de la conscience ouverte22. D’abord s’installer comme décrit ci-haut et être attentif et présent à tous ce qui se passe, sans rechercher un état particulier, mais en accueillant sans jugement et avec curiosité ce qui qu’émerge en nous.

Jon Kabat-Zinn compare la première forme de méditation, celle sur les objets spécifiques23 – souffle, corps, sons, pensées, émotions – à un échafaudage sur lequel l’artiste s’appuiera pour peindre le plafond de la Chapelle Sixtine, métaphore de la méditation pleine conscience réceptive. Celle-ci repose notamment sur sur la maîtrise de la concentration, sa pratique exigera donc de développer cette aptitude afin que le méditant puisse y prendre appui24.

Ces exercices concrets, répétés régulièrement, améliorent la concentration et l’attention du méditant et celles du psychothérapeute qui la pratique. D’ailleurs, Matthieu Ricard affirme, études cliniques à l’appui que: « les qualités humaines peuvent être délibérément cultivés par un entrainement mental.25 »

Voilà une façon concrète de travailler le savoir-être du psychanalyste.

Pleine conscience et neutralité bienveillante.

La méditation pleine conscience donne une place de choix à la compassion, à l’altruisme et à la bienveillance. Je suis convaincu que ces sont là des dispositions et des sentiments qui sont importants dans le développements de compétences du savoir-être du psychanalyste.

Il serait ici trop long de définir systématiquement ces trois concepts. Je vous propose donc des points de repère personnels schématiques. La bienveillance serait, comme on l’a vu, vouloir le bien d’autrui; la compassion serait le désir de remédier à la souffrance d’autrui et de ses causes. Les deux dispositions, la bienveillance et la compassion, sont des facettes de l’altruisme. Je sais que la doctrine bouddhiste est beaucoup plus complexe théoriquement, cependant je veux ici simplement avancer ces idées, qui elles me permettront d’introduire d’autres exercices pratiques reliés au développement du savoir-être du psychanalyste.

Plutôt que de travailler directement la compassion et la bienveillance26, mes recherches m’ont fait découvrir le concept d’auto-compassion, un concept étudié, entre autres par le professeur Kristin Neff, auteure de nombreux ouvrages sur le sujet. Essentiellement, études cliniques à l’appui, elle ne fait pas de différence entre les concepts de compassion et d’auto-compassion. Dans Trois amis en quête de sagesse27 ,Matthieu Ricard commente les travaux de Kristin Neff sur l’auto-compassion. Il pensait au début que c’était une forme de récupération par le narcissisme, mais les travaux de la chercheure l’ont convaincu que la compassion pour soi-même s’accompagne de nombreux bienfaits.

C’est pour moi une constatation fort intéressante, dans le cadre d’une réflexion sur la supervision. En effet, trop souvent dans notre pratique clinique, nous sommes confrontés à des situations difficiles, où nous nous jugeons, nous remettons en question nos compétences en nous dévalorisant. Bref, nous sommes dur envers nous-même et nous ne nous traitons pas avec bienveillance et compassion. Dans ces situations une première étape ne serait-elle pas de prendre soin de nous? Une des façons de prendre soin de moi que j’expérimente est de méditer en pleine conscience sur l’auto-compassion. Selon les études de Neff, cette pratique aura un effet positif sur la compassion et la bienveillance envers les autres et par conséquent, envers nos analysants.

Je m’attarderai un moment sur ce concept d’auto-compassion, d’abord en le définissant et par la suite en décrivant une méditation nous permettant de la pratiquer.

Kristin Neff en donne la définition suivante. Elle identifie trois composantes à l’auto-compassion:

  • elle prône la bienveillance envers soi-même plutôt qu’un jugement affligeant sur nous-même ou qu’une négation des difficultés vécues28;

  • reconnaître que la souffrance et l’échec personnel font partie de l’expérience vécue par d’autres êtres humains, nous ne sommes pas les seuls ni les premiers à souffrir; sortons de notre isolement plutôt que de souffrir en silence29;

  • pratiquons la pleine conscience plutôt que l’identification à nos pensées et nos émotions30.

Cette dernière composante appelle certains commentaires importants. En effet, trop souvent nous nous identifions à nos pensées et à nos émotions, l’on se dit j’ai peur, je suis bon à rien, je suis triste, plutôt que de ressentir ces émotions et ces idées comme étant ce qu’elles sont, c’est-à-dire des émotions et des idées. Nous croyons fermement que c’est la réalité. La pratique de la pleine conscience nous permet de de pas s’identifier à elles, mais plutôt de les éprouver et des les observer sans jugement et avec curiosité. Jon Kabat-Zinn affirme:

« Le procédé que nous utilisons dans la méditation consiste simplement à observer l’esprit et le corps et à en prendre note sans jugement de valeur, sachant que nos jugements sont inévitables et que nos idées sur l’expérience elle-même sont nécessairement réductrices. Ce qui nous intéresse, c’est le le contact direct avec l’expérience même de la méditation – qu’il s’agisse de l’inspiration ou de l’expiration, d’une sensation, d’une impulsion d’une pensée ou d’un jugement. Nous restons attentifs à ne pas juger nos jugements. »31

C’est cette expérience que nous, psychanalystes, demandons à nos analysants de nous dire sans censure, sans jugements. Et c’est ce que nous demandons à des collègues qui nous formule une demande particulière en supervision. La méditation en pleine conscience, tout comme le procédé analytique, particulièrement cette faculté d’observer l’expérience vécue sans jugement, ne va pas de soi, il faut la pratiquer. C’est par la pratique que le savoir-être sera travaillé -cela vaut pour le méditant que pour l’analyste ou le psychothérapeute. C’est de cette façon que nous pourrons, devant nos pensées chargées d’émotions, prendre une saine distance plutôt que d’être collé à l’expérience qui prend toute la place, plutôt que de s’identifier à elles. D’ailleurs le langage trahi cette identification; par exemple, cette analysante qui dit: je suis morte d’inquiétude lorsque ma fille sort le soir. Un seul scénario s’impose à elle, celui catastrophe où sa fille…Oh! Mon Dieu, je ne veux même pas y penser. Cette mère incarne cette peur, qui devient hantise, qui devient la réalité. Ce sont nos pensées et nos émotions qui nous entraînent où bon leurs semblent, nous les suivons happées, assujetties par elles. Il faut nous donner de l’espace afin, comme le dit fort joliment Christophe André, de permettre: «  à mon esprit de respirer , à mon intelligence de décider et à mon cœur de choisir. »

Je pense que cette pratique de la méditation pleine conscience avec observation, curiosité et non-jugement est un excellent exercice pour travailler la neutralité chez le psychanalyste. Cette neutralité est pour moi cette capacité, non pas d’évacuer ce que je ressens ou pense, bien au contraire, mais bien plutôt de demeurer attentif à ne pas juger mes jugements, comme l’affirme Kabat-Zinn, C’est ainsi que je tente de maintenir ce type d’écoute psychanalytique qu’est la neutralité bienveillante.

Mais revenons justement à cette bienveillance et à l’auto-compassion. Afin de travailler l’auto-compassion sous forme d’exercice, puisque c’est le but principal de cet article, j’ai choisi parmi ceux que j’ai expérimenté la méthode R.A.I.N.32 proposée par Tara Brach33. Cette exercice, une méditation guidée d’une dizaine de minutes, est pour moi animée du même esprit que la définition qu’en donne Neff. Voyons comment.

R.A.I.N. C’est :

 

R: Reconnaître ce qui se passe; une reconnaissance délibérée et consciente;

A: Accepter la présence de l’expérience telle qu’elle est sans vouloir la changer et sans la juger;

I: Investiguer l’expérience avec curiosité et bienveillance;

N: Non-identification à l’expérience par la pleine conscience; Nourrir l’auto-compassion34.

Pour l’instant, cet exercice n’est disponible qu’en anglais, je n’ai pas trouvé en français des exercices qui me satisfassent, je travaille à traduire la méthode de Tara Brach en français pour les ateliers de supervision.

Nous avons parcouru un bon bout de chemin depuis le début de cette réflexion. J’éprouve le besoin de me résumer, de rassembler mes idées. Je suis parti d’une considération pratique au sujet de la supervision des psychothérapeutes. En fait, de la difficulté de travailler concrètement l’intégration des trois savoirs – savoirs, savoir-faire et savoir-être- et de la pensée réflexive, deux pièces maîtresses dans le développement du savoir-être du psychothérapeute. J’ai ancré ma réflexion dans ma filiation de psychanalyste, non pas pour exclure les autres modèles, mais plutôt pour l’enraciner dans des concepts avec lesquels je travaille depuis des années et qui résonne pour moi en concordance avec l’esprit de la méditation pleine conscience. J’ai expérimenté des exercices de méditation que j’ai mis en lien avec certains concepts de psychanalyse, mais les psychothérapeutes de d’autres allégeances pourraient tout aussi bien mettre en pratique ces exercices s’ils les jugent congruents avec leur cadre clinique.

J’ai choisi des exercices en m’appuyant sur certains concepts de psychanalyse, en fait j’ai dégagé certains exercices, pouvant développer la concentration, l’attention focalisée et ouverte, l’auto-compassion ainsi que la neutralité, pour pratiquer des éléments du savoir-être du psychanalyste: attention flottante, neutralité bienveillante et contre transfert.

Je considère cet ensemble comme constitué d’éléments interdépendants, si l’on travaille l’un nous travaillons les autres. Je me suis intéressé particulièrement à l’attention flottante et à la neutralité bienveillante, j’aimerais dans les lignes qui suivent m’attarder davantage au concept de contre-transfert. Sans recouper entièrement le concept de conscience réflexive de soi en interaction, le contre-transfert présente certaines similitudes. Mais, il existe quant à moi une différence qu’il faut nommer et qui réside dans le fait que la contre-transfert inclue une dimension inconsciente. Celle-ci est travaillée dans l’analyse personnelle et dans les supervisions, lieu par excellence pour l’intégration des trois savoirs.

Alors, poursuivons vers l’opérationnalisation du concept de contre-transfert. Comme je l’ai mentionné plus haut, ces exercices ne sauraient remplacer la formation classique du psychanalyste, mais venir en complémentarité avec son parcours. Quels exercices pourraient soutenir le développement de ce savoir-être?

L’une des particularités essentielles de l’analyse du contre-transfert est notre capacité à nous observer en interaction, pour cela notre conscience réflexive nous est indispensable. Les exercices plus haut mentionnés qui ont trait au développement de la non-identification à nos émotions et nos pensées sont ici aussi indiqués.

et autres considérations.

Cependant j’aimerais explorer d’autres champs et entrerais après la pleine conscience dans d’autres considérations – Atelier de supervision expérientiel: Savoir-être du psychanalyste, pleine conscience et autres considérations.

Ces autres considérations, je les ai recueilli au fil de mes lectures dans lesquelles j’ai découvert certains outils pratiques conviviaux et ludiques aptes à développer les compétences de la pensée réflexive de l’ensemble des psychothérapeutes.

Un livre a notamment piqué ma curiosité. Il s’agit de The voices within (Les voix intérieures) de Charles Fernyhough, avec en sous-titre: The History and Science of How We Talk to Ourselves – que je traduirais par l’histoire et la science de comment nous nous parlons à nous-mêmes.

Comme psychanalyste, je suis depuis toujours fasciné par les discours intérieurs que nous nous tenons. Avec mes analysants, c’est l’un des matériaux que je privilégie. Ces petites ou grosses voies intérieures qui nous encouragent, qui nous engueulent, qui tentent de nous guider, qui nous jugent, avec lesquelles nous dialoguons ou quoi encore. Bref, je vise l’accès à l’esprit de mes analysants tel qu’il se déploie à chaque instant dans mon bureau. Je veux que l’on me raconte l’expérience intime tel que vécu de façon singulière.

L’histoire de Charles Fernyhough, chercheur britannique en psychologie, mérite que je la résume. Dans les années 90, ce jeune doctorant voulait étudier les voix intérieures. Cependant, ses professeurs l’en décourageaient, comment voulez-vous étudier un phénomène dans lequel nous ne pouvons pas observer de comportements? Lui disaient-ils. Pour lui, cela n’était pas un argument valable; en effet, l’expérience intérieure, si riche et caractéristique de l’homme était un phénomène trop important, pour que les crédos de la science de l’époque freine son enthousiasme.

Non, il n’y avait pas de comportements à observer, mais il y avait des expériences humaines à collecter. C’est ainsi qu’il développa une méthodologie qualitative, inspirée de la phénoménologie. Ce qui l’amena en contact avec Ross Hurlburt, chercheur à l’Université du Nevada, Las Vegas (UNLV) et l’un des scientifiques qui redéfinit l’introspection. Celui-ci s’intéresse depuis des décennies à l’expérience quotidienne des personnes. Que se passe-t-il intérieurement au quotidien? Afin de répondre à cette question, il a développé, au fil des années, une méthode d’auto-observation le DES (descriptive experience sampling). Aujourd’hui, cette méthode est aussi une application que l’on peut se procurer gratuitement sur l’App Store. Le DES est un outil qui permet de recueillir, comme son nom l’indique, des échantillons d’expériences intérieures. J’ai expérimenté moi-même cette procédure. C’est exigeant et difficile. On pense que nous sommes en contact avec ce que nous vivons et que nous sommes conscient de ce qui nous arrive, et bien vivre l’expérience s’accompagne d’humilité. Cependant, j’ai découvert un outil susceptible d’exercer ma conscience réflexive, en effet le fait de s’arrêter plusieurs fois par jour afin de décrire mon vécu intérieur est un exercice des plus formateurs.

Un autre petit outil susceptible de développer ma pensée réflexive est le questionnaire élaboré par Fernyhough le Varieties of Inner Speech Questionnaire (VISQ). Il permet d’identifier des grandes catégories de notre discours intérieur.

Et Fernyhough et Hurlburt ont développé des outils pratiques. Je vais donc intégrer certains de leurs exercices expérientiels au contenu de la supervision. Ceux-ci sont basés sur l’introspection. Souvent cette méthode est critiquée par les tenants d’une méthode scientifique quantitative, il n’y a là rien d’objectif, affirment-ils. À cela, les chercheurs de l’expérience intérieure rétorquent que c’est la subjectivité qui les intéressent, chaque expérience humaine est unique. Ils visent plutôt à ce que cette expérience singulière vécue nous soit racontée, au plus près de l’expérience, et surtout pas, avec un vocabulaire scientifique.

Cela nous rapproche de la méditation pleine conscience – ressentir l’expérience telle que perçue, sans jugement ni a priori. Elle nous rapproche également de l’expérience psychanalytique. Celle-ci déborde bien sûr l’introspection, mais sa base est aussi l’expérience vécue définie comme toutes manifestations générées par l’esprit – sensations corporelles, affects, idées. C’est d’ailleurs ce que la règle fondamentale en psychanalyse vise à aller chercher: dites-moi tout ce qui vous passe par l’esprit, sans jugement, même si cela lui paraît absurde, futile ou déplaisant. Cette règle se vit, contrairement à la méditation et à l’introspection, en présence d’une autre personne qui a un rôle bien précis. Le psychanalyste, l’analysant ne sont pas seuls, c’est là une différence majeure. Le cadre analytique comporte ses particularités, je pense en particulier au transfert, aux mécanismes de défense, bref à l’ensemble des manifestations de l’inconscient.

Le psychanalyste lorsqu’il travaille écoute, associe, analyse son contre-transfert. Il tente de répondre à la situation présente plutôt que d’y réagir, cette réponse est délibérée et implique un choix. Souvent dans ces situations, je me parle, j’ai un dialogue avec moi-même. Cela m’aide à prendre une distance, à comprendre. L’une des trouvailles que j’ai faite en lisant le livre de Fernyhough, c’est que le dialogue intérieur est associé à la créativité. En effet, lorsque nous arrivons à avoir un dialogue avec nous-même incluant quelques personnes, il est démontré que cela peut avoir une incidence à régler des problèmes. Nous cherchons et comme nous pouvons adopter plusieurs points de vue, cela nous donne un espace de penser.

J’ai donc imaginé un petit exercice à partir de cette observation de Fernyhough avec ce que une Association de psychanalyse française, le Quatrième Groupe, a donné comme indications au sujet de la formation et de la supervision. Avant de décrire mon petit exercice, je décrirai brièvement quelques-unes des idées de cette Association.

Le Quatrième Groupe propose ce qu’il nomme une analyse quatrième. C’est une supervision et une analyse du contre-transfert qui inclut in absentia l’analyste de l’analyste. Ce processus devrait permettre d’analyser les points aveugles et certains enjeux peu analysés lors de l’analyse personnelle et qui seraient propre à l’analyste de l’analyste. Ce dispositif prend ainsi en compte l’ensemble des figures et personnes qui y interviennent dans la situation analytique, ainsi que leurs interactions visibles ou cachées. Il y a d’abord l’ analysant, son analyste, puis l’analyste de l’analyste et quatrièmement l’analyste quatrième, en figure de superviseur.

Autre particularité du Quatrième Groupe , les sessions inter-analytiques. Elles s’organisent à l’initiative d’un analyste et comprend une, ou une série de réunions de travail entre cet analyste demandeur et quelques-uns de ses collègues (trois ou quatre) qu’il a choisi d’inviter. Il propose ces sessions car il désire travailler un point de sa pratique: soit des enjeux transféro-contre-transférentiels, soit des points de technique, soit d’un point théorique, etc. Il s’agit, pour les participants à la session, à partir d’une ou de quelques observations analytiques, de remettre en question critique et en discussion leurs voies théorico-cliniques respectives. C’est une formidable modalité de formation continue.35

M’appuyant sur les observations de Fernyhough et des indications du Quatrième Groupe, j’ai imaginé une situation qui consiste à mettre en scène intérieurement quelques personnages afin de les faire dialoguer. Mes choix sont un mélange d’intuition et de points de vue contradictoires. Mes invités sontun de mes analystes, un ou deux superviseurs avec qui j’ai été formé et un ou deux collègues. Je les fait dialoguer et tente d’avoir des avis divers sur la question qui me préoccupe alors.

Cet exercice ne saurait remplacer le travail direct avec des collègues, je l’utilise comme une modalité possible de l’analyse de mon contre-transfert, complémentaire à d’autres formes.

Conclusion.

Le but de cet écrit est d’intégrer mes réflexions de psychanalyste qui pratique la méditation pleine conscience. Celle-ci a développé plusieurs techniques très simples et c’est en les expérimentant que j’ai pu constater qu’elle pouvaient m’aider à développer des compétences dans mon savoir-être de psychanalyste.

J’ai décrit sommairement quelques unes d’entre elles et en quoi elles pouvaient très concrètement soutenir l’intégration des savoirs et le développement de la pensée réflexive. Plus je réfléchis à ces thématiques plus je suis convaincu des liens étroits qui unissent psychanalyse et méditation pleine conscience. Les deux, chacun à leur façon, sont des méthodes d’observation et d’investigation formidable de l’esprit et de la vie psychique.

Je le rappelle, car c’est important pour ma démarche, ces exercices ne sont pas des panacées. Ils visent plutôt à intégrer des exercices concrets à des notions théoriques. Bien que celles-ci soient essentielles, il n’en demeure pas moins qu’elles sont uniquement intellectuelles. En cela, elles ne sont qu’un savoir parmi le savoir-faire et le savoir-être. Or, l’espace de supervision cherche à intégrer ces trois savoirs, démarche essentielles au développement des qualités d’un psychothérapeute compétent.

1Lecomte, C., 2012, La supervision clinique favorise le développement de la compétence et de l’efficacité thérapeutique, Psychologie Québec, dossier,volume 29 / numéro 03 / mai 2012 , p.28-32.

2Lecomte, C., 2010, Comment améliorer son efficacité thérapeutique?, Cahier recherche et pratique, Ordre des psychologues du Québec, Volume 1, numéro 1, p.7.

3Lecomte, C.; Drouin M.S.; Savard R.; Guillon V., 2004, Qui sont les psychothérapeutes efficaces? Implications pour la formation en psychologie. ; Revue québécoise de psychologie, 25 (3), 73-102, p.81. p.80.

4Alain DELOURME, Edmond MARC et al.(2007), La supervision en psychanalyse et en psychothérapie, Avant-propos de J.-D. Nasio, Édition Dunod.

5Formation et habilitation. (1983) — Cahier bleu a été préparée en collaboration par Piera Aulagnier, Nathalie Zaltzman et Jean-Paul Valabrega. lequel a assuré en outre la rédaction du texte.

6 Miller, S., Duncan, B. & Hubble, M. (1997). Escape From Babel: Toward a Unifying Language for Psychotherapy Practice. Norton : W.W. & Company, Incorporated.

7 Wampold , B. E. et Brown, G.S. (2005). Estimating therapist variability: a naturalistic study of outcomes in managed care. Joiurnal of Counseling and Clinical Psychology, 73, 914-923.

8 Wampold , B. E. (2001). The great psychothérapy debate: Models, methods and findings.Mahwah, New-Jersey: Erlbaum.

9 Lambert, M.J. (2007). Predential address: What have we learned from a decade of research at improving psychotherapy outcome in routine care. Psychotherapy research : 17 (1), 1-14.

10Freud, S.,(1975), Les voies qui s’ouvrent à la thérapeutique psychanalytique, in La technique psychanalytique, PUF, p. 137-8.

11 D’ailleurs très fortement critiqué, entre autres, par Allen Frances, le psychiatre qui avait dirigé la précédente édition (le DSM-IV) et par l’Institut américain de la santé mentale (National Institute of Mental Health, NIMH).

12In André, C., (2011), Méditer, jour après jour, L’iconoclaste, p. 258.

13 Auteur de plusieurs ouvrages, voir la bibliographie. Un programme complet inspiré des travaux de Zabat-Zinn, uniquement en anglais: http://palousemindfulness.com/index.html

14Auteur de plusieurs ouvrages, voir la bibliographie. Sur You Tube: https://www.youtube.com/watch?v=fuDXc1Hr9UE

15 http://mindfulness.cps-emotions.be/materiel-adulte.php

16Un site qui propose 12 ateliers de méditation: http://medecine.umontreal.ca/communaute/les-etudiants/bureau-des-affaires-etudiantes-vie-facultaire-et-equilibre-de-vie/essence/

17 Voir la bibliographie.

18 Où tu vas, tu es, Ed. J’ai Lu, 2005, p.22.

19Méditer, jour après jour, L’iconoclaste, 2011, p. 18.

20C’est très schématique, mais chez la plupart des courants méditatifs cela constitue une base de départ.

21 Je suggère pour débuter de suivre sur You Tube la méditation guidée par Christophe André, durée 12:01 minutes: https://www.youtube.com/watch?v=JaCxFK1ttYE

22Je suggère ici encore la méditation de Christophe André, que l’on peut retrouver sur le CD qui accompagne son livre, Méditer, jour après jour, Édition de l’Iconoclaste, ou encore la même méditation que l’on peut retrouver sur You Tube: https://www.youtube.com/watch?v=fuDXc1Hr9UE, les trente dernières minutes soit de 2:17:45 jusqu’à la fin.

23La méditation sur les sons pourrait elle aussi être un exercice apte à soutenir le savoir-être du psychanalyste, en effet la pratique de l’écoute des sons qui surgissent dans notre conscience, nous demande d’écouter le son tel qu’il surgit, sans a priori , tel que nous le ressentons sur nos tympans, sans le classer ou l’étiqueter. Cette méditation exercice sur moi ma capacité, entre autres, à écouter la prosodie (la musicalité de leur voix et le non verbal inhérent à cette communication) chez mes analysants, à écouter sans chercher à classer l’information, mais plutôt en m’a laissé imprégner, à l’explorer avec non-jugement et curiosité.

24C’est le Dr. Hugues Cormier, qui rapporte cette métaphore, dans l’un de ses ateliers sur la pleine conscience: https://www.youtube.com/watch?v=1Wo-mWT9HpI

25Ricard M. (2008), L’art de la méditation, Édition Nil, p.22.

26Le lecteur désireux de méditer sur ces thèmes, par ailleurs d’une grande richesse, pourront le faire en consultant les sites identifiés plus haut.

27André C., Jollien A., Ricard M., éd. L’Iconoclaste, 2016. p.346-347.

28Comme je l’indique la difficulté est vécue, donc ressentie dans notre corps et nos émotions, l’ignorer c’est ne pas être bienveillant envers nous-même.

29N’est-ce pas là l’un des buts premiers de toute psychothérapie?

30 https://www.youtube.com/watch?v=w3aba1ok5lE&list=PLbiVpU59JkVbc7uBsZRy1TEAfl3puCRFP&index=2

31op. cit. Citée, p. 72

32 Est un acronyme anglais pour :

R – Recognize what is happening;

A – Allow life to be just as it is;

I – Investigate inner experience with kindness;

N – Nourish the self-compassion.

33Figure connue en méditation Tara Brach propose cette forme de méditation d’auto-compassion que j’ai trouvé sur le site Palouse Mindfulness.

34Voir trouverez cette méditation guidée à l’adresse suivante: http://palousemindfulness.com/meditations/RAIN.html

35Formation et habilitation. (1983) — Cahier bleu a été préparée en collaboration par Piera Aulagnier, Nathalie Zaltzman et Jean-Paul Valabrega. lequel a assuré en outre la rédaction du texte.p. 11-12.





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